Le CNRS
Accueil CNRS
Autres sites CNRS
 
  Accueil > Annuaire > Barbraud > Cigogne blanche
 

Cigogne blanche ... écologie et conservation

 

 

L’oiseau

Nom scientifique :

     Ciconia ciconia

 

Poids : 3.5 à 4.4 kg

 

Envergure : 1,80 m

 

Le baguage et le suivi à long terme de la population en Charente-Maritime ont permis de mieux connaître l'écologie de cette espèce :

 

Pontes à partir de mars

 

Envol des jeunes à partir de fin juin

 

Nombre d’œufs : 4 à 5 en moyenne (3 à 6)

 

Durée d'incubation : 33 à 34 jours

 

Nombre de jeunes : 3 à 4 en moyenne

 

Envol des jeunes à l'âge de 55 à 65 jours

 

40 % des jeunes meurent la première année

 

La survie des adultes est relativement forte : 78 à 80%

 

Les oiseaux reviennent sur leur lieu de naissance à partir de 2 ans et commencent à se reproduire à partir de 3 ans

 

Plus de 80% des individus reviennent à leur nid d'une année à l'autre

 

La longévité moyenne est de 8 ans

 

La longévité maximale est de 17 ans

 

Le nombre maximum de descendants produits par un individu au cours de sa vie a été de 32, mais la plupart des individus (82 %) produisent moins de 10 descendants

 

La donnée la plus ancienne sur la présence de la Cigogne blanche en Charente Maritime date de 1841 (un oiseau tué en cours de migration). Par la suite, l’espèce était considérée comme très rare, de passage accidentel. La découverte de la première nidification date de 1960, lorsqu'un couple nicheur s’est établi dans le marais de Rochefort, en bordure du canal de Charras.

 

Dès lors plusieurs cas de nidification seront observés dans le département de 1960 à 1966, période durant laquelle la Cigogne blanche s’est reproduit sans interruption en Charente Maritime. L’année 1967 marque la fin de cette période. En 1978, après dix ans d’interruption, la Cigogne blanche réapparaît en tant que nidificatrice dans les marais de Brouage. Dès lors, de nouveaux couples vont s’installer au fil des ans, notamment grâce à la pose de supports artificiels (plates-formes) par les ornithologistes locaux. La Charente-Maritime héberge actuellement la plus importante population de cigognes blanches en France après l’Alsace.

 

Recherche scientifique et conservation

 

Un programme de recherche et de conservation de cette population a été développé depuis 1978 par le Groupe Ornithologique Aunis Saintonge (GOAS) sous l'égide du Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d'Oiseaux (Muséum National d'Histoire Naturelle), auquel le Centre d'Etudes Biologiques de Chizé (CNRS) et le groupe Réseau Transport Electricité (RTE) d'EDF se sont associés depuis.

 

L'objectif principal est de comprendre la dynamique de cette population afin d'identifier les facteurs qui peuvent l'affecter et de définir des stratégies de conservation. Les résultats issus de ce programme permettent également de déterminer la réponse des populations aux changements climatiques. Ce programme à long terme basé sur le suivi d'individus bagués a déjà permis d'obtenir des informations essentielles sur l'écologie des cigognes blanches. Depuis 1978 plus de 2200 poussins ont été bagués.

 

La colonisation et l’expansion: on peut distinguer quatre phases suite à la nidification du premier couple. De 1978 à 1988, la micro population du marais de Brouage se renforce lentement. De 1988 à 1997, on assiste à la colonisation des marais de Rochefort par quelques couples. Deux évènements nouveaux apparaissent entre 1997 et 2001: la colonisation des marais bordant la Gironde et la colonisation des lits majeurs de la Charente et de la Boutonne. Enfin, depuis 2001 on assiste à la nidification en colonies de plusieurs couples (5 à 12).

Parallèlement à une forte augmentation du nombre de couples depuis 1988, le nombre de jeunes à l'envol a sensiblement diminué par effet de densité dépendance. Le baguage a permit de montrer que cette augmentation était due à l'immigration de cigognes nées en Espagne, Suisse, Hollande, Pologne et dans d'autres départements français, ainsi qu'au recrutement de nombreux poussins nés en Charente Maritime. La population de cigognes blanches en Charente-Maritime est donc une population sauvage. L'augmentation de la cigogne blanche en France n'est pas restreinte à ces marais ; depuis plusieurs années le nombre de couples nicheurs augmente également régulièrement dans d'autres régions de France (Gironde, Landes, Alsace). Le baguage a permis d'identifier les lieux d'hivernage de cette population : l'Afrique sahélienne et l'Espagne. Au Sahel la survie des jeunes individus est dépendante des quantités de pluies au Sahel, alors qu'en Espagne il semble que les décharges à ciel ouvert favorisent les cigognes qui y trouve de la nourriture.

               

Le nombre de jeunes à l'envol est relativement élevé, et est plus fort pour les couples situés au coeur des marais que pour ceux situés en périphérie. Le maintien de cette population dépend donc de la conservation des marais charentais.

 

En Charente Maritime, les cigognes se nourrissent essentiellement d'insectes aquatiques, de courtilières et depuis récemment d'écrevisses américaines introduites. Elle consomment également des grenouilles et des micromammifères.

 

Les efforts de conservation ont principalement portés sur les sites de nidification par la pose de plates-formes. Ces nids artificiels ont d'abord été posé par le GOAS, puis par des propriétaires privés, des municipalités ainsi que par d'autres associations telle que la Ligue pour le Protection des Oiseaux. Une collaboration avec RTE-EDF a également permit de diminuer le nombre de cas de mortalité dus aux lignes électriques, ainsi que de faciliter le baguage des nids situés dans des arbres.

 

La population charentaise n'est pas actuellement menacée. Le programme de recherche à long terme permet cependant d'affirmer que cette population pourrait fortement diminuer ou disparaître si:

- les zones de marais autour des sites de nidification venaient à disparaître suite à leur mise en culture

- d'importantes sécheresses avaient lieu dans les zones d'hivernage (Sahel)

 

La fermeture des décharges à ciel ouvert en Espagne notamment dans les années à venir pourrait avoir une influence sur la survie des individus et donc sur la taille de la population charentaise.

Observation d'une Cigogne baguée

 

Si vous avez observé une cigogne baguée ou trouvé une cigogne baguée morte, cette information nous intéresse . En nous envoyant cette information vous contribuez au programme de recherche sur cette espèce.

 

Vous pouvez envoyer cette information (numéros de la bague métal et bague couleur) soit par courrier (Barbraud Christophe, CEBC-CNRS, 79360 Villiers en Bois), soit par courriel à barbraud@cebc.cnrs.fr. En retour vous recevrez l'histoire de l'individu portant la bague observée ou trouvée.

 

Publications

 

Burneleau, G., Barbraud, C. & Barbraud, J.-C. 2004. Première nidification "naturelle" de la Cigogne blanche Ciconia ciconia en agglomération en Charente-Maritime. Trajhasse 6.

 

Barbraud, C., Delord, K., Barbraud, J.-C. & Barbraud, M. 2002. Changements récents dans le régime alimentaire des poussins de Cigogne blanche Ciconia ciconia en Charente-Maritime (centre-ouest, France). Alauda 70: 437-444.

 

Barbraud, C. & Barbraud, J.-C. 1999. Is there age assortative mating in the european White Stork? Waterbirds 22: 478-481.

 

Barbraud, C., Barbraud, J.-C. & Barbraud, M. 1999. Population dynamics of the White Stork Ciconia ciconia in western France. Ibis 141: 469-479.

 

Barbraud, C. & Barbraud, J.-C. 1998. Le régime alimentaire des poussins de Cigogne blanche Ciconia ciconia, en Charente-Maritime: importance des insectes. Alauda 65: 259-262.

 

Barbraud, J.-C. & Barbraud, C. 1991. La Cigogne blanche, Ciconia ciconia, en Charente-Maritime (France). Alauda 59: 169-176.

 

Barbraud, J.-C. & Barbraud, C. 1987. La nidification de la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) en Charente-Maritime de 1978 à 1987. Trajhasse 16: 3-7.

 

Barbraud, J.-C. 1978. Nidification de la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) en 1978 en Charente-Maritime. Trajhasse 8: 11-13.

Imprimer Contact Plan du site Plug-ins Accueil

 

 

 
 
 

Centre d'Etudes Biologiques de Chizé