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Curriculum Vitae
Ecophy

 

    

 

 

Stéphane LECQ

          Doctorant

 

 

 

 

 

Titre de la thèse

Quelle structure de haie favorise-t-elle le plus la diversité ? Approche expérimentale sur les peuplements de prédateurs

 

Période

2010 - 2013

 

Responsable

Xavier BONNET

 

Université d'inscription

Université de Poitiers

 

Résumé

Une des causes principales de l’érosion de la biodiversité est liée à la fragmentation des écosystèmes causée par le développement des infrastructures (routes,  urbanisation, agriculture…). Les effets de la fragmentation sont clairement visibles, en comparant par exemple des zones bocagères avec des zones de grandes cultures plus ou moins monotones. Actuellement, plus personne ne conteste sérieusement les effets désastreux des excès du remembrement qui ont été particulièrement violents dans de nombreuses régions en France. Dans ce cadre, les rôles fondamentaux écologiques et économiques des haies sont bien documentés (il existe différents ouvrages techniques) ; non seulement en fournissant des habitats favorables à de très nombreuses espèces mais aussi en créant des corridors et des connexions indispensables aux déplacements et aux processus de dispersion. En conséquence, de nombreux programmes de replantation des haies se développent. Ils sont  souvent limités à des aspects paysagers (notamment esthétiques) ; toutefois les orientations actuelles sont de plus en plus écologiques et se tournent vers la préservation de la biodiversité en favorisant des espèces végétales locales plutôt qu’exotiques et en encourageant l’alternance des essences.

 

Pourtant, de façon remarquable, il n’existe pratiquement aucune référence sur des travaux expérimentaux qui permettraient de mieux connaître la structure optimale des haies pour la biodiversité au sens large et les dynamiques de colonisation par des espèces animales de nouvelles haies.  Ainsi, s’il est assez facile de connaître la liste des espèces d’arbres qui convient de planter pour réaliser une haie ou encore de trouver des fournisseurs de géotextiles biodégradables, il n’existe par exemple aucune information scientifique sur l’importance de construire un talus, sur les rôles des pierres, des bois morts, sur l’épaisseur de la haie ou de son orientation. Or, la plupart des espèces animales qui utilisent les haies se réfugient souvent dans des abris souterrains (terriers, murets…), et leur survie dépend des conditions thermiques (donc de l’orientation de la haie) qui leur permet d’échapper au gel et de thermoréguler efficacement. Pour des raisons obscures, ce problème majeur n’a pas été identifié, il reste malheureusement inexploré de façon scientifique et expérimentale.

 

Ainsi, les préconisations paysagères et les techniques actuelles de plantation des haies ignorent une immense partie de la biodiversité animale, notamment les prédateurs majeurs de différents niveaux trophiques depuis des insectes tels les carabes ou guêpes,  les araignées, les mammifères insectivores (musaraignes…), les amphibiens (crapauds…), ou les reptiles (lézards et serpents). Ces prédateurs exercent pourtant des rôles écologiques essentiels (y compris dans la protection des cultures), et la plupart des espèces sont protégées.

 

Le projet de thèse vise précisément à combler cette lacune pour fournir des éléments techniques qui permettront d’augmenter les effets bénéfiques recherchés par les nombreux programmes de plantation des haies. Des haies expérimentales seront réalisées en contrôlant trois caractéristiques majeures et en suivant les effets sur les prédateurs principaux (insectes, araignées, amphibiens et reptiles).

  1. Présence d’un talus
  2. Orientation
  3. plantation artificielle versus colonisation naturelle

Les deux premiers facteurs ont été retenus parce que nos données de terrain suggèrent en effet qu’ils sont très importants pour les cortèges de prédateurs évoqués ci-dessus. Le troisième parce qu’il implique une dimension économique majeure liée aux deux premiers. En effet, il est actuellement impossible de savoir s’il est préférable de canaliser les ressources disponibles vers l’achat, la plantation et l’entretien durant 1 à 3 années d’arbrisseaux (plus géotextiles…) plutôt que de les utilise pour construire un talus et laisser la haie se développer plus ou moins naturellement. C’est à dire qu’il est important d’estimer le nombre d’année de retard que prendra une haie naturelle par rapport à une haie totalement artificielle pour jouer des rôles clés en faveur de la biodiversité, sachant que dans tous les cas les haies nécessiteront un entretien mécanisé. Une fois ces connaissances acquises, il sera possible de mieux organiser les réalisations de haies et de choisir parmi différentes options selon la situation :  plantations classiques ? Talus + plantations ? Talus + colonisation naturelle ?

 

En pratique les expérimentations seront réalisées dans différents contextes :

A) Des haies expérimentales dans la plaine de Paitout en partenariat avec l’ONF. Dans cette zone, les manipulations pourront être conduites de façon particulièrement rigoureuse puisqu’il n’existe pas de conflit d’usage et aussi parce que l’accès est interdit au public (la plaine de Paitout  est située dans la réserve biologique intégrale). Des suivis par marquage - recaptures et radio-télémétrie de quatre espèces de serpents sont conduits ce qui donne les bases indispensables pour comprendre la dynamique de colonisation et d’utilisation de nouvelles haies/talus. Par exemple, en analysant les données à long terme d’individus marqués versus nouveaux , en calculant leur condition corporelle qui indique leur état général, et en examinant les structures démographiques des sous-populations ( âges, sexes…).

 

B) Des haies témoins (pré-existantes) de différentes structures et âges seront échantillonnées dans les zones de cultures et urbaines (villages…) des plaines du sud des Deux Sèvres.

 

C) Des haies nouvelles installées en bordure de champs seront suivies durant trois ans. Si la présence de talus peut être manipulée (alternance de linéaire avec ou sans talus), l’orientation suivra les contraintes des parcelles.

 

Dans chaque cas, les principales espèces de prédateurs seront identifiées et des comptages seront réalisés à l’aide des techniques classiques d’échantillonnages (pots pièges, transects, utilisation de plaques de fibrociment…). Cependant, en ce qui concerne les serpents des suivis plus précis seront réalisés par capture-marquage et recapture (CMR). En effet, des suivis de ce type réalisés au CEBC-CNRS depuis plus 15 ans apportent des éléments de comparaison précieux. Par ailleurs, les serpents sont des prédateurs supérieurs qui intègrent les fluctuations des niveaux trophiques sous jacents, ils sont donc des bio-indicateurs pertinents. Une caractéristique fondamentale des serpents est que pour coloniser de nouveaux milieux ils doivent suivre des corridors, le franchissement de routes étant périlleux et celui de grands espaces découverts impossible. Ces reptiles sont donc d’excellents candidats pour étudier les processus de colonisation de nouvelles haies, l’importance des connexions entre elles et l’impact de la fragmentation sur le fonctionnement des nouvelles haies.

 

Rapport de stage

LECQ S. 2009. Influence de la qualité et des modifications de l’habitat sur les déplacements, la thermorégulation et la condition corporelle de Testudo hermanni. Master 2, Université de Rennes (PDF)

 

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