Equipe Ecologie des Oiseaux et Mammifères Marins
Réhabilitation écologique: îles Saint Paul et Amsterdam

Les îles Saint-Paul et Amsterdam, îles des Terres Australes et Antarctiques Françaises, ont été découvertes dès le 16ème siècle. Au cours des 18ème et 19ème siècles des dégradations majeures de leur patrimoine naturel ont été causées par l'exploitation de leurs ressources naturelles (chasse aux otaries, aux éléphants de mer et aux baleines), par des incendies et se sont poursuivies jusqu'à aujourd'hui par l'action de mammifères introduits (bovins, lapins, chats, rats).
Les écosystèmes terrestres ont été profondément perturbés par ces nouveaux venus, en particulier les habitats disponibles pour les oiseaux comme les pétrels qui nichent en terriers. Les conséquences au niveau de la biodiversité sont d'autant plus dommageables que ces îles sont les seules localités au monde où certaines espèces se reproduisent.
 
Les récits de marins et de scientifiques aux 19ème et 20ème siècles évoquent à propos de l'île Amsterdam une forêt dense de phylicas Phylica nitida et mentionnent des centaines de milliers d'oiseaux sur l'île Saint-Paul. 
Sur ces deux îles, l'analyse d'ossements sub-fossiles et l'observation actuelle dressent un tout autre tableau : 50% des espèces d'oiseaux qui s'y reproduisaient à l'origine sont éteintes et 2 espèces sont menacées d'extinction l'Albatros d'Amsterdam Diomedea amsterdamensis et le Prion de Macgillivray Pachytptila vittata macgillivrayi
De même, à la fin des années 1980 les phylicas étaient réduits à un simple bosquet du fait d'incendies passés et de la présence de bovins.

Cette situation a motivé les actions de restauration et de conservation entreprises depuis le milieu des années 1980 par le Territoire des TAAF sous l'impulsion de notre équipe.
 
. Sur l'île Amsterdam, d'une superficie de 58 km², la réhabilitation s'est d'abord traduite par l'élimination du cheptel de bovins sur la majeure partie de l'île et le cantonnement du troupeau restant dans un secteur délimité par une clôture de 8 kilomètres. 

Par la suite, dans un programme de restauration de la végétation, des milliers de plants de Phylicas ont été replantés et le troupeau a été maintenu à de faibles densités par une gestion appropriée.
 
Sur l'île Saint-Paul, les rats avaient entraîné la disparition totale des pétrels qui, dans les années 1990, ne se reproduisaient plus qu'en nombre réduit sur un sanctuaire naturel à proximité de l'île, l'îlot de la Roche Quille. 

Une campagne d'éradication menée en 1997 avec un cofinancement du Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises et du Fonds Européen de Développement a permis l'éradication totale des rats, constatée par trois autres campagnes successives. L'éradication des lapins a pu être obtenue après la deuxième campagne et également certifiée par la suite.
 
Le suivi scientifique de cette réhabilitation effectué par notre équipe a pu révéler le retour de Prions de Macgillivray sur l'île Saint-Paul, qui se sont reproduits avec succès après plusieurs dizaines d'années d'absence.

Retour