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Vie en mer


Aux dépens de quelles proies se nourrissent les oiseaux et mammifères marins? Où vont-ils s’alimenter ? Comment pêchent-ils ? sont les questions de base concernant leur écologie alimentaire auxquelles nous devons répondre pour une meilleure compréhension de leurs traits d’histoire de vie.
Les réponses sont toutefois difficiles à obtenir, car, s’alimentant exclusivement en mer, les oiseaux de mer et les pinnipèdes ne reviennent à terre que pour se reproduire et muer. Ils passent donc l’essentiel de leur vie loin des côtes où leur observation est quasiment impossible, et leur écologie alimentaire nous est en conséquence largement inaccessible directement.
Ce n’est que depuis une quinzaine d’années et le développement de nombreux appareils électroniques de petite taille fixés sur les animaux que l’étude de leurs stratégies d’alimentation est devenue possible.
 

Que mangent-ils ?


Trois grands groupes de proies prédominent dans la nourriture des prédateurs marins: les crustacés, calmars et poissons. Le régime alimentaire est déterminé à partir de l’analyse de contenus stomacaux pour les oiseaux et de fèces pour les pinnipèdes. L’identification des proies est difficile car elle repose essentiellement sur des structures spécifiques qui résistent à la digestion, à savoir l’exosquelette des crustacés, les becs chitinisés des céphalopodes, et les otolithes et restes osseux des poissons (Cherel et al. 2002). Ce travail de détective effectué au laboratoire s’appuie sur une collection de référence des principales espèces marines des eaux antarctique, subantarctique et subtropicale de l’Océan Indien.
Cette technique d’analyse directe du régime alimentaire comporte des limitations entre autres dues au fait que les oiseaux ne reviennent à terre le ventre plein que pendant la période d’élevage des poussins. D’autres techniques indirectes sont alors utilisées en complément, à savoir celle des isotopes stables du carbone et de l’azote (en utilisant du sang, des plumes et des vibrisses) comme indicateurs respectifs des zones d’alimentation et du niveau trophique des oiseaux et pinnipèdes (Cherel et al. 2000), et celle des acides gras (en utilisant du tissu adipeux, de l’huile stomacale des pétrels) comme marqueurs trophiques (Raclot et al. 1998).

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Où vont-ils ?


Notre équipe a été la première en 1989 à employer le système Argos pour suivre les déplacements d’une espèce d’oiseau, le grand albatros de l’Archipel Crozet (Jouventin & Weimerskirch 1990).

Cette technique est maintenant largement utilisée pour l’étude des déplacements de prédateurs marins, et, la miniaturisation des balises aidant, nous pouvons maintenant équiper des animaux de taille de plus en plus petite (Catard et al. 2000). Depuis quelques années, les systèmes de géolocation nous permettent de suivre les oiseaux pendant des périodes très longues (6-12 mois) (Weimerskirch & Wilson 2000), alors que le développement très récent d’appareils GPS miniaturisés autorise la collecte d’informations avec une précision inégalée (de l’ordre du mètre) (Weimerskirch et al. 2002).
 

L’ensemble de ces études a permis de préciser les zones de prospection alimentaire et leurs variations temporelles de nombreuses espèces d’albatros, pétrels et pinnipèdes.
Savoir comment les prédateurs utilisent les immensités océaniques a également des conséquences en terme de conservation, nous permettant de préciser quelles zones géographiques doivent être protégées en priorité (Weimerskirch et al. 1999).

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Comment pêchent-ils ?


La télémétrie satellitaire précise où l’animal se déplace horizontalement, elle ne donne cependant pas d’indications d’une part quand l’animal ingère ses proies, et d’autre part sur l’utilisation verticale de la colonne d’eau pour les oiseaux et mammifères plongeurs.
 

 Répondre à la première question nécessite d’utiliser plusieurs appareils simultanément sur le même individu. En particulier, des sondes stomacales enregistrant la température permettent de connaître quand l’animal a ingéré des proies (Weimerskirch et al. 1994), alors que des enregistreurs d’activité fixés aux pattes précisent quand l’oiseau est en vol ou posé à la surface (Weimerskirch & Guionnet 2002).
Un autre type d’appareils très largement utilisé enregistre la pression hydrostatique, et donc les variations temporelles de la profondeur atteinte par les espèces plongeuses (manchots et otaries) (Tremblay & Cherel 2000).
Ils permettent ainsi de connaître les caractéristiques du comportement de recherche alimentaire à l’échelle d’une plongée (durée, profondeur, vitesses de descente et de remontée), des différents moments de la journée, et du voyage alimentaire dans son entier.
 

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