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Éléphant de mer / Biologie

L’éléphant de mer est un prédateur redoutable et n’hésite pas, pour rechercher ses proies, à entreprendre d’importantes migrations.


Les éléphants de mer
Taille et masse
De quoi se nourrissent ils ?
Un plongeur exceptionnel
Reproduction
Mue
Statut de conservation
Distribution

L’ordre des pinnipèdes; la famille des phocidés

Le terme de mammifères marins n’a pas de définition scientifique. Il correspond à un mode de vie et regroupe des mammifères très différents d’un point de vue évolutif et morphologique. Néanmoins, des ressemblances anatomiques entre individus ont permis de classer ces animaux en différents ordres. Ainsi, un corps lisse, souple et hydrodynamique, pourvu de quatre membres modifiés en nageoires, suffit pour inclure tout animal de ce genre dans l’ordre des pinnipèdes. Le mot Pinnipedia fait allusion à l’anatomie de ces animaux et vient de deux mots latins : pinna , plume ou aile, et pes , pied. Les pinnipèdes sont donc des animaux dont les membres antérieurs et postérieurs ont été remplacés par des palettes natatoires. D’autres caractères morphologiques communs se retrouvent chez tous les pinnipèdes: toutes les espèces possèdent en effet une fourrure qui se renouvelle annuellement au moment de la mue, de longues vibrisses et des pavillons auriculaires réduits ou absents. Les pinnipèdes se divisent en trois familles distinctes: les Otariidés (Otaries), les Odobenidés (Morses) et les Phocidés (Phoques).

Malgré des caractéristiques morphologiques communes à tous les pinnipèdes, ces trois familles se distinguent par leur mode de locomotion. En mer, les otaries utilisent exclusivement leurs nageoires antérieures, tandis que les postérieures peuvent jouer le rôle d’un gouvernail. A terre, leurs hanches fonctionnelles permettent des déplacements en appui sur les quatre membres. Les phoques, quant à eux, nagent en utilisant leurs nageoires postérieures, tandis qu’à terre ils progressent en rampant sur le ventre. Seuls quelques-uns, tels les éléphants de mer ou les phoques gris, utilisent les membres antérieurs pour prendre appui. La locomotion des morses est, quant à elle, intermédiaire.



La famille des Phocidés qui nous intéresse tout particulièrement ici se compose de 19 espèces réparties en 10 genres. Nous utiliserons le mot "phoque" comme terme général pour désigner l’ensemble des espèces appartenant à cette famille. Bien qu’ils soient probablement originaires des eaux chaudes, les phoques sont de nos jours largement répandus dans les hautes latitudes des deux hémisphères. De plus, comme tous les pinnipèdes, les phoques se singularisent des autres mammifères marins par leur dépendance au milieu terrestre, pour muer et se reproduire, tandis qu’ils évoluent dans le milieu marin pour s’alimenter. Ils ont dû ainsi progressivement développer des adaptations physiques à l’environnement marin, comme la grande taille ainsi que les réserves de graisse nécessaires à la thermorégulation et aux capacités de jeûne.

éléphant de mer: especes

Ces adaptations ne sont cependant pas que physiques. En témoignent, les mécanismes physiologiques relatifs au système respiratoire qui présentent une multitude d’originalités. Les phoques sont en effet capables d’effectuer des plongées prolongées, à des profondeurs remarquables, parfois supérieures à 1000 mètres pour certaines espèces (e.g. le phoque à capuchon (Cystophora cristata)), tout en restant dépendants de l’air atmosphérique.

Les éléphants de mer

L’éléphant de mer est le plus imposant représentant de la famille des Phocidés . Deux espèces constituent le genre Mirounga l’éléphant de mer du nord (Mirounga angustirostris) qui se trouve sur la côte pacifique nord-américaine et l’éléphant de mer du sud (Mirounga leonina) qui fréquente les mers australes sub-antarctiques.


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éléphant de mer: Taille masse

Taille et masse

L’éléphant de mer du sud ou austral est le plus grand représentant des deux genres et se distingue de son cousin boréal par un corps en moyenne plus massif et par un museau plus large. Le dimorphisme sexuel chez cette espèce est très marqué, les mâles étant 3 à 4 fois plus gros que les femelles à l’âge adulte. Les plus grands individus peuvent peser près de 4 tonnes et mesurer plus de 6 m, mais en général les mâles ont un poids moyen d’environ 2 tonnes et une longueur de 4 m, contre 500 kg et 2,50 m en moyenne pour les femelles. La protubérance nasale qu’arborent les mâles dominants et qui est à l’origine du nom donné à ces animaux, joue le rôle d’une caisse de résonance lorsque l’animal éructe afin d’affirmer son statut reproducteur. Par ce procédé il communique, en effet, des informations sur sa taille et sa puissance physique.

De quoi se nourrissent ils ?

Plusieurs études sur le régime alimentaire des éléphants de mer ont montré que leur alimentation se composait principalement de calmars et de poissons . Parmi les espèces de céphalopodes les plus communément identifiées, on trouve par exemple: Psychroteuthis glacialis, Morotheuthis knipovitchi, Gonatus antarcticus et Kondakovia longimana.


Toutes ces espèces évoluent au sud du front polaire antarctique et certaines d’entre elles, comme K. longimana sont des espèces antarctiques. Quant aux poissons, quatre espèces sont régulièrement identifiées : trois myctophidés méso-pélagiques de petite taille (Electrona carlsbergi, Electrona antarctica et Gymnoscopelus nicholsi) et un notothenidé bentho-pélagique de grande taille (Dissostichus eleginoides , i.e. la légine australe). Cette dernière espèce est commune sur le plateau de Kerguelen et sur le talus de ce plateau à des profondeurs variant de 70 à 1500 m.

éléphant de mer: se nourrir

Un plongeur exceptionnel

Les éléphants de mer séjournent principalement en mer au cours de l’année, où ils passent près de 90% de leur temps sous l’eau. Ces animaux plongent en effet continuellement tout au long de leur trajet en mer. Lors de ces plongées, qui durent en moyenne de 20 à 30 minutes et dont la fréquence varie de 60 à 80 plongées par jour, ils atteignent les profondeurs moyennes de 400-800 m selon l’heure du jour ou de la nuit mais sont capables de plonger bien plus profondément et parfois au-delà de 1800 m. Dans le monde animal, seuls les cachalots semblent pouvoir concurrencer ces phoques. Entre chaque plongée ils restent très peu de temps en surface, en général de 1 à 2 minutes pour respirer.

éléphant de mer: Reproduction

La reproduction

Véritables "sous-marins" des mers australes, les éléphants de mer comptent aussi parmi les phoques les plus "terrestres" puisqu’ ils séjournent chaque année plusieurs semaines consécutives sur des îles isolées. Les femelles gagnent les plages dès le début du printemps austral, à partir du mois de septembre, pour mettre bas un seul petit.
L’allaitement dure en moyenne 23 jours. Pendant toute cette période, les femelles jeûnent. Les nouveau-nés pèsent environ 40 kg à la naissance et atteignent 120 à 130 kg au sevrage. Dès leur venue au monde le petit et sa mère se reconnaisent à la voix. (écouter l'enregistrement)
Préalablement, les mâles ont également rejoint les plages pour établir leur territoire. Les plus imposants constituent des harems de 10 à plus de 80 femelles. Bien qu’ils soient matures dès l’âge de 4 ou 5 ans, les mâles ne peuvent en fait rarement s’accoupler avant 9 ou 10 ans.
Les femelles sont, quant à elles, fécondées dès l’âge de 3 ou 4 ans. Elles sont saillies en fin d’allaitement mais l’implantation de l’ovocyte, qui reste en dormance, n’a lieu que trois mois plus tard. La gestation, à proprement parlé, dure 9 mois et permet au petit de naître exactement un an plus tard.


La mue

Suite à la reproduction, les éléphants de mer reviennent une seconde fois à terre pour changer de pelage : c’est le temps de la mue. Celle-ci s’étend de novembre à avril, période durant laquelle chaque classe d’âge regroupée par sexe se succède sur les plages. Ainsi dès la fin novembre les juvéniles entament le processus de mue dont la durée varie entre 30 jours pour les plus jeunes et environ 55 jours pour les mâles sub-adultes. Fin décembre et jusqu’en février ce sont les femelles reproductrices qui renouvellent leur pelage. Une fois que celles-ci ont quitté les plages à la mi-février, les mâles adultes les remplacent jusqu’au début du mois d’avril.


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éléphant de mer: mue

Statut de conservation

La chasse traditionnelle par les populations indigènes est probablement à l’origine de la disparition de colonies d’éléphants de mer du sud en Tasmanie, en Nouvelle-Zélande ou en Patagonie. Par ailleurs, une chasse plus industrialisée , s’effectuant dans le cadre d’expéditions à la fois phoquières et baleinières, s’est développée et intensifiée au XIXe siècle. La graisse de ces animaux, convertie en huile, servait à la confection de chandelles et de bougies. La raréfaction des animaux, la concurrence progressive avec des huiles minérales et la modernisation des baleiniers ont été à l’origine d’une baisse importante de la rentabilité économique de cette activité. Par conséquent, les grandes campagnes de chasse à l’éléphant de mer se sont arrêtées à la fin du XIXe siècle. Cependant des exploitations contrôlées ont encore persisté au XXe siècle, jusqu’en 1961 aux îles Kerguelen et jusqu’en 1964 en Géorgie du Sud.

Depuis lors, les éléphants de mer du sud bénéficient de plusieurs mesures de protection. Ils figurent à l’ article 1 de la Convention pour la protection des phoques de l’Antarctique de 1972, tout comme à l’ annexe II de la CITES depuis 1975. De plus, l’espèce est inscrite sur la liste rouge de l’Union mondiale pour la nature ( UICN ) depuis 1996, en tant qu’espèce à faible risque et faiblement concernée. En France elle est protégée intégralement par l’arrêté interministériel du 27 juillet 1995 sur la protection des mammifères marins.

éléphant de mer: Distribution

La Distribution

La population mondiale serait actuellement d’environ 740 000 individus, répartis en trois sous-populations géographiques propres à chacun des trois Océans.
La plus importante est celle de l’Atlantique Sud avec plus de 400 000 individus dont environ 350 000 se reproduisent en Géorgie du Sud, les autres colonies se situant aux îles Malouines, sur la Presqu’île de Valdès en Patagonie argentine, aux îles Sandwich, Orcades et Shetland du Sud, à l’île Bouvet et à l’île Gough.

Une autre sous-population se concentre au sud de l’Océan Indien et compte environ 200 000 individus dont les trois-quarts aux îles Kerguelen et le reste aux îles Crozet, Marion, Prince-Edouard et Heard. La troisième sous-population compte environ 75 000 individus qui fréquentent les îles sub-antarctiques de l’Océan Pacifique au sud de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande, principalement l’île Macquarie.


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