Présentation du projet

Le grand albatros / Biologie


Vol "économique"
Plumage
Reproduction
De quoi se nourrit il ?
Où vit il ?

Le grand albatros, champion des superlatifs !

Le grand albatros Diomedea exulans, également appelé "albatros hurleur", est le plus grand représentant des procellariiformes (regroupe les pétrels et les albatros). Il existe 22 espèces différentes d’albatros (du genre Diomedea, Phoebastria, Thalassarche ou Phoebetria), les plus petits ayant tout de même une envergure de plus de 2 m !

Le grand albatros est un gros oiseau qui peut atteindre 1,20 m de hauteur et peser 6 à 12 kg, avec un bec crochu impressionnant (15 à 18 cm), rose clair constitué de multiples plaques cornées imbriquées. La mandibule supérieure se termine en crochet. Sur les bords du bec se trouvent les narines. Cependant, seuls les albatros ont leurs narines le long du bec, alors que chez les autres espèces de procellariformes (pétrels), les narines sont situées dans un tube au sommet du bec. Grâce à leur odorat très développé ils peuvent localiser plus facilement les zones de nourriture dans l’immensité des océans. Ne buvant que de l’eau de mer ces oiseaux sont capables d’excréter le sel en excès via une solution hyper saline émise par les narines.

Ses immenses ailes pointues (atteignant 3,60 m d’envergure) sont en rapport avec ses incroyables capacités de vol plané et en font l’oiseau marin le plus grand au monde.

Le vol le plus "économique"


Les ailes sont les membres les plus caractéristiques des albatros: pour voler au dessus des océans qui forment son milieu de vie habituel, l’albatros a développé une stratégie de vol plané extrêmement efficace, dit "vol plané dynamique".

Il exploite au mieux les courants d’air et les vents, prenant de l’altitude ou descendant brutalement vers la surface des mers en fonction de leur orientation. Il ne bat donc pratiquement jamais des ailes, ce qui est très économique du point de vue énergétique, mais les plie parfois pour modifier sa vitesse ou quand le vent est trop violent. Leur forme pointue, fine et longue, est un atout pour un vol précis et rapide, exploitant au maximum les possibilités de portance offertes par les vents océaniques. Poussés par ces vents, les albatros accomplissent de longs vols: grandes migrations ou trajets alimentaires.

Grand albatros en vol © CEBC-CNRS H. Weimerskirch

Géants parmi les oiseaux volants, sans vent ils sont cloués au sol, ou contraints de se poser un moment à la surface de l’océan.

Le plumage

La majorité du corps est recouvert de plumes totalement blanches, sauf le bord inférieur des ailes et les longues plumes du bout des ailes (rectrices) qui sont noires. Les épaules et le dos portent parfois également de petites plumes foncées.

Juvéniles de grand albatros © CEBC-CNRS H. Weimerskirch

Les jeunes albatros (les immatures) mettent plusieurs années avant d’acquérir leur plumage d’adulte définitif en passant par des phases intermédiaires successives Ils portent des plumes sombres sur presque tout le corps (seuls la tête et le dessous des ailes sont blancs), mais avec la maturation sexuelle le plumage devient progressivement de plus en plus clair, les ailes et la queue étant les dernières parties à blanchir.

Il y a peu de différence entre les mâles et les femelles: les mâles sont un peu plus grands et plus blancs que les femelles (notamment quelques plumes plus foncées sur le haut de la tête et des épaules des femelles). La mue est répartie régulièrement tout au long de l’année et n’impose donc pas de période de repos forcé au sol.

Quelle que soit la saison, l’albatros est toujours apte à voler !


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La reproduction

Son cycle reproducteur est lié à sa longue durée de vie, puisqu’il faut plus d’un an pour mener à bien l’incubation de l’oeuf puis l’élevage d’un seul poussin, et que les adultes peuvent vivre 60 ans (c’est un oiseau longévif). Les adultes ne se reproduisent donc qu’une fois tous les deux ans, à partir de l’âge de 6-10 ans.


La reproduction du grand albatros s’effectue à terre, en colonies dispersées sur les îles antarctiques et subantarctiques, et impose donc quelques périodes de jeûne pour les adultes, mais sans commune mesure avec celles subies par les manchots royaux sur ces mêmes îles.

Les albatros semblent fidèles à un partenaire et une colonie, mais pas à un nid. Les couples sont généralement fidèles pour la vie, la parade nuptiale donne lieu tous les ans à des danses rituelles durant lesquelles les deux oiseaux se frottent le bec l’un contre l’autre. Seuls des échecs de reproduction répétés ou la mort d’un des oiseaux peut amener les albatros à changer de partenaire.

Parade nuptiale du grand albatros © CEBC-CNRS H. Weimerskirch

Les jeunes non reproducteurs passent beaucoup de temps à pratiquer les rituels amoureux complexes et notamment les danses. Le répertoire des comportements de parade comprend l’épouillage, les claquements du bec et des cris spécifiques. Quand un jeune oiseau revient à sa colonie, il danse avec de nombreux partenaires mais au fil du temps le nombre de partenaires va diminuer jusqu’à ce qu’un seul soit choisi et le couple formé. Les deux oiseaux vont alors développer leurs propres cris et moyens de reconnaissance qui leur sera unique. On pense que les albatros utilisent ces rituels complexes et élaborés pour être sûrs de choisir le bon partenaire et pouvoir le reconnaître puisque la ponte de l’oeuf et l’élevage du poussin sont très longs et difficiles. Le "divorce" d’un couple n’intervient qu’en cas d’échecs de reproduction répétés.

Colonie de grand albatros © CEBC-CNRS H. Weimerskirch

En raison de l’amplitude de ses ailes et de la nécessité de disposer d’une longue piste d’atterrissage et de décollage, l’albatros doit nicher dans des zones dégagées. Les îles ventées reparties entre 34° et 55° de latitude sud lui procurent des plateaux herbeux et rocailleux bien exposés, favorables à la nidification. La densité de nids dans ces colonies est très variable.


En décembre, le nid est construit à partir de terre et de végétaux entremêlés, et forme un cône surmonté d’une cuvette qui accueille l’unique oeuf blanc pondu fin décembre-début janvier. Mesurant 130x80 mm environ et pesant entre 430 et 480 g, l’oeuf est incubé durant environ 80 jours, mâle et femelle alternant la présence au nid toutes les 1 à 3 semaines. C’est le mâle qui débute l’incubation, la femelle pouvant ainsi aller reprendre des forces en mer après la ponte.

Nid de grand albatros © CEBC-CNRS H. Weimerskirch
Jeune poussin de grand albatros © CEBC-CNRS H. Weimerskirch

Le jeune poussin porte un duvet gris clair. Il est couvé sans interruption les premières semaines, jusqu’à son émancipation vers 30-45 jours. Par la suite les deux parents visitent alternativement le nid pour nourrir leur petit par régurgitation directe dans le bec. Les jeunes peuvent s’envoler à l’âge de 9 mois (décembre). Ils entament alors une longue errance océanique, qui va durer plusieurs années, jusqu’à ce qu’ils aient atteint la maturité sexuelle leur permettant de venir se reproduire à leur tour à terre (6-10 ans).

Pour mener à bien leur reproduction, les albatros doivent donc effectuer de nombreux allers-retours entre leur nid et les zones d’alimentation, parfois éloignés de plusieurs centaines de kilomètres. La stratégie du vol plané décrite plus haut, extrêmement économique du point de vue énergétique, est donc indispensable pour "rentabiliser" ces longs trajets alimentaires.

De quoi se nourrit-il ?

Le grand albatros se nourrit exclusivement en mer et pendant la journée, en pêchant en surface des mollusques (calmars, parfois de plus de 2 kg), des poissons, des crustacés (krill), ou des cadavres flottants. Il cherche également les déchets rejetés par les bateaux de pêche, qu’il peut suivre des jours durant. Ce mode alimentaire n’est pas sans lui poser de sérieux problèmes avec les lignes de pêche qui lui sont parfois fatales.

Où vit le grand albatros ?


Le grand albatros se répartit dans toutes les zones subantarctiques, principalement entre 34° et 55° Sud. Les principales colonies sont présentes sur des îles des océans Indien, Atlantique et Pacifique de l’hémisphère sud (points rouges ci-contre), notamment sur l’archipel de Crozet, où le grand albatros est étudié par les chercheurs du CEBC depuis plus de 20 ans.

Carte de distribution du grand albatros ©

Cet oiseau est dit pélagique. Il passe beaucoup de temps en mer. Lorsqu’il effectue ses grandes migrations, et ses errances d’oiseau immature, il peut monter jusqu’au Tropique du Capricorne (15° Sud) et descendre jusqu’aux glaces antarctiques et voyager tout autour du continent Antarctique.


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